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 Sewing a wound as if it could fix broken hearts

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Juliet Hepburn
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MessageSujet: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mer 7 Nov - 13:03


JULIET & ADAM

Peut être que ce matin, tout aurait pu se passer différemment. Si je m'étais réveillée trente secondes plus tôt, que je n'avais pas eu à éponger le café que j'ai renversé parce que je m'étais brûlée. Si je j'avais cédé à ma gourmandise qui me criait de me faire griller une troisième tartine, ou si, au contraire, je n'en avais pris aucune. Si je n'avais pas eu à changer de jupe parce que la première était tâchée par le café renversé, ou si j'avais dès le départ décidé de lâcher mes cheveux au lieu d'essayer un queue de cheval ratée. Enfin, si je n'avais pas eu à retourner dans l'appartement parce que j'avais oublié mes clés, ou si je n'avais pas dit bonjour à la jeune maman du 3ème et ne m'étais pas extasiée devant la bouille souriante de son nouveau-né, peut être ne serais-je pas allongée dans un lit d'hôpital.

J'ouvre les yeux et ressens une violente douleur dans la jambe et sur la joue. Mes yeux s'écarquillent. J'ai envie de crier. Je tente de me redresser, mais une main me repousse doucement sur le lit. Je regarde l'infirmière qui vient d'arriver l'air interloqué. Elle me dit, en souriant légèrement : Vous êtes au Boston Medical Center. Vous avez été renversée par une voiture. Vous vous souvenez? Pouvez vous me dire comment vous vous appelez? Je vois à son air qu'elle connait mon nom, mais qu'elle teste ma mémoire. Je porte ma main à ma tête et dis, reprenant un peu mes esprits : J... Juliet. Juliet Hepburn Elle gratifie ma réponse d'un sourire encourageant, puis me dit : On va s'occuper de vous, Mademoiselle Hepburn. Je la vois s'éloigner et noter quelques mots sur un dossier, le mien je présume. Je me redresse, voulant constater l'ampleur des dégâts. Avec stupeur, je retrouve ma jambe droite plâtrée. Ah, c'est donc pour cela que ça faisait mal... L'autre genoux est un peu amoché, mais rien que des égratignures. Mes yeux remontent le long de mon corps. Rien à signaler sur les cuisses. Je regarde mes bras, ceux ci sont entaillés à pleusieurs endroit. Je ne suis pas belle à regarder. Ma joue lance. Prudemment, je glisse un doigt là ou j'ai mal. J'y découvre une plaie béante, très longue, et pas encore recousue.

Soudain, mes souvenirs resurgissent. Je me vois tenir la porte à Martha et son bébé, puis la refermer derrière moi. Je descends le trottoir et avance de quelques pas sur la chaussée puis me retourne et lance : A bientôt Martha ! Ceci ne dure peut être qu'une micro seconde, mais elle est suffisante. Alors que je redirige mon regard vers la route, je vois une voiture qui arrive vers moi à toute allure. A peine pour moi le temps de croiser le regard paniqué du chauffeur que la collision est inévitable. Au ralenti je revis le par-choc qui me percute de plein fouet, je me sens projetée sur la voie. Ma tête percute le sol. J'entends un voix qui crie, puis plus rien. trou noir.
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Dernière édition par Juliet Hepburn le Mer 7 Nov - 18:26, édité 1 fois
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Adam MacMillan

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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mer 7 Nov - 17:12

Adam & Juliet


« Henworth, rassurez-moi, vous ne m’avez pas fait descendre pour quelques coupures ? » Il soupire bruyamment en voyant son interne baisser les yeux. Ce gamin panique à la moindre coupure. Dès qu’une plaie un peu trop importante se présente, il panique, appelle à l’aide.

« Bon donnez-moi ça et disparaissez. Et je ne veux pas entendre de vos nouvelles à moins de soigner le Double-Face de Batman en personne ! » Il a presque crié la dernière instruction. L’interne détale, et les gens se retournent. Adam ne hausse pas souvent la voix, mais quand il le fait, le son qui dégage est d’une telle force que les gens sont souvent surpris. Agacé, il feuillette le dossier, sans regarder le nom. Il ne regarde jamais le nom. Une sale habitude qu’il a prise mais qui l’aide à un peu désacraliser la personne. Et puis, une coupure aussi nette qu’on lui a décrite ne prendra que quelques minutes. Il y a aussi quelques plaies au bras, mais rien d’irréparable. Cette patiente ne sait pas la chance qu’elle a… Dans quelques semaines, on n’y verra plus rien.

Il salue une infirmière qui sort de la salle en passant, et elle l’arrête avant qu’il n’entre. « Soyez gentil, elle s’est fait renverser, elle est un peu désorientée… » Il hausse un sourcil, mais laisse un sourire rassurant étirer ses lèvres, puis entre dans la pièce, le nez toujours dans le dossier. Il baisse les stores comme il a l’habitude de le faire, ce n’est jamais gai de se transformer en animal de foire juste parce qu’on se fait mettre des points.

« Bonjour… Voyons ce qui effrayait tant mon interne, madem… »

Silence. Il s’est retourné et n’a pas terminé sa phrase.

Soudain, il ne sait plus si il doit pourrir la vie à son interne, où le renvoyer purement et simplement. Ou encore mieux : lui offrir des fleurs.

Puis l’information parvient seulement à son cerveau. Juliet s’est fait renverser. Renverser, comme dans « renverser ». Ses yeux s’écarquillent légèrement, et il la scrute avec plus d’attention. D’un pas, il rejoint le lit et prend sa main, soulevant légèrement le bras de Juliet en soutenant son coude. Malgré la panique qui lui fait soudain battre le cœur –mais pourquoi ressent-il cela si fort, bon dieu ?- et le désarçonne légèrement, ses yeux parcourent rapidement le bras de Juliet. Rien que du superficiel.« Ce sera vite réparé… »

Puis il s’intéresse davantage à sa joue, ses mains quittent son bras pour venir gentiment soulever le visage de la patiente…




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Juliet Hepburn
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mer 7 Nov - 19:08


JULIET & ADAM

« Bonjour… Voyons ce qui effrayait tant mon interne, madem… » J'avais les yeux fermés et, comme si mon cauchemar n'était pas assez traumatisant comme cela, voilà que j'entends la voix d'Adam. Mais en entrouvrant mes paupières, c'est bien lui que je vois. Groggy par les anti-douleurs pour ma jambe et ma joue, je ne réagis pas trop. Il fait une tête bizarre, je ne sais pas trop si il est content de me voir, inquiet ou... Je n'en ai aucune idée. Pas la tête à réfléchir à ça. Il soulève mon bras, je ne proteste pas. Après tout, c'est son boulot. Mais pas un sourire ne vient illuminer mon visage. Celui-ci reste fermé. Je ne veux pas le voir. Plus jamais. « Ce sera vite réparé… » Je ne réponds rien. Je n'ai rien à dire, rien à lui dire. Mais quand il pose ses doigts délicats sous mon menton, je vois plus qu'un geste d'un médecin à un patient et perds patience. J'écarte son bras aussi violemment que ma force me le permet -autant dire, pas beaucoup-, en disant : Ne me touchez pas, docteur Macmillan. J'insiste bien sur le "docteur", qu'il comprenne. Je pousse un léger gémissement. J'ai mal. Où je ne saurais dire... Mais j'ai mal et ça ne passe pas. Au fond c'est peut être une réaction physique à la rage et la déception qu'il m'inspire.

De nouveaux souvenirs font surface. Tout est confus, et j'ai l'impression que ce sont bien plusieurs évènements qui se confondent. Je me sens voler, propulsée par l'impact et atterrir contre le bitume. // Je suis tombe sur un lit, rapidement suivie par Adam MacMillan // Ma tête claque contre le la chaussée. // Ses mains plaquent les miennes contre le matelas. // Quelqu'un crie mon prénom, dans la rue. // Il murmure Juliet au creux de mon oreille. // Je perds conscience, allongée sur la route. // Je m'endors, allongée au creux des bras d'Adam. // Je me réveille dans un lit froid et vide, sans trop comprendre. // Je me réveille dans un lit froid et vide, sans trop comprendre.

Ma tête tourne, me lance. Peut être que je coup que j'ai pris sur la tête était plus fort que ça, en fait. Je porte ma main à ma tempe. Et murmure, dans un souffle saccadé : Mal... J'ai...mal. Mal à la tête, mal au coeur, mal à la jambe, mal à mon estime. Je ne suis qu'un gigantesque puzzle, une fille de porcelaine qu'on aurait cassé en mille morceaux. Autant physiquement que psychologiquement.
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mer 7 Nov - 23:11

Adam & Juliet


Il sent le bras de Juliet taper mollement contre le sien. Tant par étonnement que par respect, il abandonne son visage à regrets, parce que cette coupure à la joue ne lui plaît pas du tout. Et puis, il se sent un peu perdu. Il vient seulement de remarquer le visage fermé de l’écrivaine, son regard qui l’évitait à tout prix. Elle lui en veut ? Mais de quoi ? N’était-ce pas ce qu’ils voulaient tous les deux ? Enfin, lui se pose la question au vu du vide croissant qui l’envahit chaque jour depuis ce soir-là, mais elle. Elle n’attendait rien d’autre. Il n’y a que dans les contes de fées que le prince reste avec la princesse. Et puis de toute façon, il n’est pas un prince.

Ne me touchez pas, docteur Macmillan. Ah. Voilà qui va compliquer le traitement. Il note son insistance sur le docteur. Mais il n’en a que faire. Il n’aspire qu’à quitter cette pièce avant que son cœur n’explose totalement de tristesse. Elle lézarde les murailles qui a mis des années à construire en seulement quelques minutes, et il préfère avoir quitté cette pièce quand la peine qu’il parvient à retenir chaque jour éclatera.

Il se dirige vers le fond de la pièce, et amène à côté du lit une lampe et un plateau sur lequel est déballé un kit de suture. Puis il amène un tabouret au chevet de la jeune femme, et prépare le nécessaire, avant de préparer son bras, le posant sur un tissu stérile avant de désinfecter. Puis il ajuste la lumière. « Ne bougez plus. J’ai du talent, à ce qu'on dit, mais il est en grande partie fonction de l’immobilité de mes patients. » Et il se penche sur son bras et se met à suturer patiemment les petites plaies. C’est un travail lent, minutieux, mais qu’il apprécie, particulièrement dans cette situation. Il a de quoi se focaliser.

Ce n’est qu’une fois les sutures finies, lorsqu’il relève la tête, qu’il perçoit le murmure inaudible de Juliet. Mal... J'ai...mal.. Il la regarde, impuissant. Elle a reçu assez de morphine pour assommer un éléphant, et elle parvient encore à être consciente. Il bouge légèrement son tabouret, qu’il remonte en quelques tours, pour se retrouver à hauteur du visage de Juliet. « Bon, miss Hepburn, il va falloir me laisser regarde ça. Je suis un chirurgien, vous êtes ma patiente » il insiste sur ces mots, pour lui signifier que le message était clairement passé ; « et vous avez besoin de soins. Et je ne laisserai personne d’autre vous approcher, parce qu’avec ce que vous avez sur la joue, ils pourraient vous défigurer à vie. Alors soyez sage pendant un moment, tolérez ma présence, et après vous pourrez m’éjecter de votre vie, comme vous le souhaitez. » Il lui jette un regard patient. Il ne la toucherait pas tant qu’elle ne l’aurait pas accepté. C’était contre le règlement, et contre sa philosophie. Mais elle ne peut pas savoir que le moins dur des regards qu’elle lui lance fait saigner son cœur douloureusement. Et il comprend alors seulement, en la regardant là, si vulnérable, qu’il allait la regretter longtemps, Juliet.

Mais maintenant il est trop tard, Adam. Vous avez joué, vous vous êtes amusé, et elle ne veut plus de toi. Telles étaient les règles du jeu.


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Alice Montgomery-Jones
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mer 7 Nov - 23:33


JULIET & ADAM

Je dois être peu sensible aux anti-douleurs parce que malgré la quantité astronomique de calmants que j'ai reçu, je sens l'aiguille du chirurgien qui recoud mon bras. La douleur est là, mais elle est supportable. Je redoute la joue. Sans rien toucher, elle me fait excessivement mal, je n'ose même pas imaginer ce que ça sera.

« Bon, miss Hepburn, il va falloir me laisser regarde ça. Je suis un chirurgien, vous êtes ma patiente et vous avez besoin de soins. Et je ne laisserai personne d’autre vous approcher, parce qu’avec ce que vous avez sur la joue, ils pourraient vous défigurer à vie. Alors soyez sage pendant un moment, tolérez ma présence, et après vous pourrez m’éjecter de votre vie, comme vous le souhaitez. » Il parle, parle parle, mais je ne l'écoute pas vraiment. Je perçois certains mots, le reste c'est un brouhaha à n'en plus finir. La seule chose que j'imprime vraiment, c'est la dernière phrase. Je finis par hocher la tête, résignée. C'est pas comme si j'avais le choix, au fond. Je serre les dents. Ca va faire horriblement mal, je le sais, je le sens.

Je ne me suis pas trompée. Je sens la moindre progression de l'aiguille, du fil. Je me mords la lèvre pour ne pas crier, mais finis par arrêter lorsqu'un goût de sang vient titiller mes papilles. C'est un comble, il faut que je réussisse à me blesser, en luttant contre la douleur. Tu fais fort Juliet. Je ne sais pas si c'est la douleur ou la morphine qui fait effet, mais je me sens partir. Ma tête et lourd et mes paupières aussi. Tout tourne, je vois des étoiles. Je ne me contrôle plus. Mon poing serre la première chose sur laquelle il tombe et qui s'avère être le genoux d'Adam. Mais je suis trop k-o pour m'en rendre compte. Je pourrais lui broyer les muscles que je ne le saurais pas. Juste avant de sombrer totalement, mes lèvres pronocent quelques mots, presque inaudibles : Je ne veux pas... que vous sortiez de ma vie Si j'avais été consciente, je m'en serais voulu à mort. Mais ça n'est pas le cas, alors, je n'y peux rien.
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Ven 9 Nov - 0:11

Adam & Juliet


Quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va définitivement pas. Il y a trop de tension dans la joue, tous les muscles du visage de Juliet semblent se crisper. Pourtant, avec la morphine, couplée à l'anésthésie locale, elle ne devrait même plus sentir qu'elle a un visage...

Cette constatation se confirme lorsqu'Adam sent soudain la main de Juliet lui compresser impitoyablement le genou. Retenant un grognement de douleur, il tente de retirer sa main mais impossible. Les jointures blanchies, les cinq longs doigts fins de l'écrivaine semblent près de lui broyer le genou. Les yeux azurs du chirurgien se détachent de la main crispée de Juliet pour retourner sur son visage. Je ne veux pas... que vous sortiez de ma vie Le murmure est à peine audible, puis Juliet s'effondre. « Juliet ? »

Et sa tension avec. En fait, tout s'effondre d'un seul coup. « Et merde ! Juliet, reste avec moi ! » Adam enfonce la bouton d'alerte. Il attrappe le visage de l'écrivaine à deux mains. Trop froid. Trop tard. La machine hurle férocement, et chaque son, toujours plus rapproché, est un coup de poignard pour Adam. Tout s'emballe, et lui reste pétrifié. Il a tout oublié. Il la voit juste elle, trop immobile, trop pâle, trop loin. Les infirmières déboulent, les médecins avec. Et puis le bip. Long. Régulier. Comme une longue lacération de son coeur, un coup final, impitoyable, cruel, immonde. On le repousse, mais il ne s'en rend pas compte. Il est en dehors, dans une autre dimension. Le coeur de Juliet vient de s'arrêter, et lui avec.

* * *

L'attente. L'une des pires choses que l'on puisse imaginer. Il a fini sa garde depuis longtemps, mais il reste là, immobile, le regard fixe, perdu dans une contemplation dont lui seul connaît l'objet. L'attente. Comment ne pas s'accrocher à l'espoir ? Il est humain, naturel. L'être humain est optimiste, il espère que tout va bien se passer. Il se cramponne à l'idée que tout va se passer pour le mieux, que la gravité de la situation n'est que passagère. Et Adam, malgré ses années de pratique de la médecine, n'échappe pas à la règle. Pour la seconde fois, il se retrouve à hanter une chambre d’hôpital, les traits tirés par l'inquiétude, les yeux hantés par la peur de perdre. La peur de perdre ceux à qui on tient.

Finalement, des roues dans le couloir. Juliet. En vie.

Le chirurgien jette un regard surpris à Adam, mais ne dit rien. Ils échangent quelques mots, quelques explications. Puis Adam se rassied, dans le fauteuil en face du lit. L'attente, à nouveau. Parce que tant que Juliet n'aura pas ouvert les yeux, rien ne sera gagné. Et la boule dans l'estomac d'Adam ne disparaîtra pas.


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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Ven 9 Nov - 22:40


JULIET & ADAM

J'ai la bouche pâteuse et sens tout mon corps engourdi. Fatiguée au possible, je n'ai qu'une envie, me rendormir, mais je sens une présence dans la pièce. Affrontant un effort presque surhumain, j'ouvre doucement les paupières. Quelle n'est pas ma surprise quand je vois Adam Mac Millan à mon chevet. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Tout à coup, je ne suis plus éreintée, je suis même pimpante et en pleine forme. Bon, il ne faut pas exagérer non plus. Il regarde le sol, ne s'est pas aperçu que je suis consciente. Je l'extirpe de ses pensées en lançant un : Vous voyez, vous ne pouvez pas vous passer de moi, MacMillan. d'une voix faible, rauque, à peine audible. Mais l'humour est là. Et la phrase a bien plus de sens que ça à mes yeux.

J'en profite pour regarder autour de moi. Allongée dans un lit d'hôpital. Mais qu'est ce que je fais ici ? Adam à mon chevet. Il a l'air plutôt inquiet, voire même ému... Ca devait être grave ? Que m'est-il arrivé? A bientôt Martha ! Le choc est inévitable, je suis propulsée contre le bitume. Je revis ces instants avec horreur. Un coup d'oeil à mes bras : ceux ci sont lacérés, mais recousus avec soin. Je soupçonne Adam d'y être pour quelque chose. Je me souviens des minutes précédentes l'accident, mais rien après. Je suis perdue dans ce corps, perdue dans ce lit. Qu'est ce qui a bien pu m'arriver?
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 11 Nov - 17:34

Adam & Juliet


Vous voyez, vous ne pouvez pas vous passer de moi, MacMillan. Adam sursaute. C’était davantage un souffle rauque, à peine articulé, que des paroles à proprement parler, mais elle parle. Elle vit, elle respire, elle le regarde. Alors un poids immense se soulève et s’évapore, libérant brusquement Adam. Il respire plus profondément, il n’y a plus cette impression continuelle de manquer d’air. Et, il en prend conscience brutalement, il a eu peur pour elle presqu’autant qu’il avait eu peur, autrefois, pour Emily. Cette sensation l’effraie et l’interpelle tout à la fois. Jusqu’ici, il n’avait jamais envisagé de… Non. Le mirage se brise aussi vite qu’il s’était formé. Il ne doit pas, ne doit plus s’attacher comme il l’a fait. Cette fois encore… Et puis, pourquoi voudrait-elle de lui ? Il n’a peut-être rien à faire ici, au fond. La morphine fait délirer les gens, alors elle peut très bien l’avoir dit comme ça. Il se voile la face comme toujours. Parce que ça a toujours fonctionné. Qu’il ne veut s’autoriser à apprécier quelqu’un, à construire une vie.

Malgré tout, il s’approche doucement, s’assied au bord du lit et, sans vraiment réfléchir, sa main gauche saisit la sienne. « Ne me refaites plus jamais ça. » Il a ajouté le pronom sans y penser. En fait, le soulagement est tel de la voir en vie qu’il n’a même plus envie de rire, de faire de l’humour, ou quoi que ce soit d’autre de léger. Il la regarde un instant, grave, ses yeux clairs plongés dans ceux de la miraculée. Cela ne dure que quelques instants, minute parfaite où tout s’efface entre eux et où, sans vraiment savoir d’où ni comment, ils savent. Ils savent qu’un jour, peut-être, un happy end viendra pour eux. Mais il savent aussi que la route est encore longue jusque là, et les chemins de désespoir qui s’offriront à leur choix innombrables.

Puis un demi-sourire étire les lèvres d’Adam. Il redevient lui-même, d’un coup. Le soulagement reste là, mais l’homme taquin et léger surmonte toutes ses émotions et reprend le dessus. « Vous ne faites jamais les choses à moitié, vous ! » Mais il sait que, derrière l’humour, Juliet est désorientée. Il voit bien le vide dans ses yeux, alors qu’elle cherche désespérément dans son cerveau engourdi ce qui a bien pu se passer. « Vous ne souvenez pas de ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? » Son sourire s’est adouci. Et il remarque seulement que leurs mains sont toujours liées. Mais il ne la lâche pas. Au contraire, il raffermit légèrement sa prise sur les doigts fins. Il est trop heureux de la sentir en vie.



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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 11 Nov - 18:24


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Sa main glisse dans la mienne. Malgré mon état... second? la chaleur de sa paume me réchauffe le coeur, me rassure, et un frisson me parcourt. Nos contacts sont électriques, comme si nous étions faits pour ne jamais rompre le contact. « Ne me refaites plus jamais ça. » Un sourire étire mon visage. Mine de rien, mon sort l'inquiète. Je ne sais toujours pas pourquoi il s'est enfui comme un voleur ce matin la, mais, d'une manière ou d'une autre, il tient à moi. Mon coeur fait un bond. Il tient à moi.
Pour casser le silence embarassant qui s'est installé, il dit, plaisantin : « Vous ne faites jamais les choses à moitié, vous ! » Sans réfléchir, ma voix encore faible laisse échapper : C'est pour ça que vous m'aimez tant, Adam... Je ne sais pas pourquoi je dis ça, mais c'est sorti tout seul. Je vire au rose. Je détourne mon regard, embrassé de ses pupilles. Soudain, je me dis que j'ai peut être dit ou fait quelque chose pour le faire rester... « Vous ne souvenez pas de ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? » Je secoue la tête, en murmurant : Non... Après que ma tête a frappé le bitume, c'est le trou noir. Même dans ce genre de situations, je veille à ne pas faire les fautes de langue que tout le monde fait. Oui, Après que est suivi de l'indicatif... Mais pourquoi je pense à ça ? C'est ridicule, Jule's... Une question me brûle la langue... Après m'être mordu la lèvre inférieure, je finis par demander : Pourquoi êtes vous resté?
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 11 Nov - 18:56

Adam & Juliet


Il sourit doucement. C'est pour ça que vous m'aimez tant, Adam… Il rit légèrement, puis ajoute, l’air penaud : « vous m’avez percé à jour ! Un point pour vous. » Il le dit en riant… enfin, du moins en faisant bien semblant.

Pourquoi êtes vous resté? La question le prend au dépourvu. Il ouvre la bouche pour répondre, mais rien ne sort. Alors il la referme, chose rare pour lui. Il n’a rien à dire. Il n’a même pas l’ombre d’une idée pour justifier pourquoi il est resté. « Je… Il fallait bien que quelqu’un veille sur vous. Je n’allais pas vous laisser vous réveiller toute seule… » En vrai, il n’en sait rien lui-même. Il ne sait pas pourquoi il est parti l’autre fois, pourquoi il est resté cette fois-ci. En fait, il ne sait plus grand chose.

Il la scrute un instant, puis inspire profondément. « Je sais que ça ne va pas être facile, mais je vais vous expliquer ce qui s’est passé. Sinon un chirurgien cardio-thoracique glacial va venir tout vous expliquer dans des termes compliqués et effrayants, et ça, je refuse. » Sa main serre la sienne brièvement. « Vous avez été renversée par une voiture, et on vous a amenée ici. Tout allait bien, et j’étais venu vous recoudre tranquillement le visage et le bras… » Son pouce masse doucement la peau de la main de Juliet. « On ne savait pas que vous étiez insensible aux antidouleurs. C’est rare mais possible. On ne savait pas non plus que vous… » Il s’arrête dans sa phrase. Pourquoi ça lui coûte autant ? Pourquoi il sent cette boule d’inquiétude se reformer dans sa gorge. Il inspire, et retrouve son sourire. « Vous avez fait une hémorragie interne. On s’en est rendu compte un peu tard, vous avez fait un arrêt, et on vous a emmenée d’urgence au bloc. Mais maintenant tout va bien. » Il lui sourit doucement. Il n’a pas remarqué sa main qui s’est resserrée lorsqu’il a murmuré « arrêt ». Le bip, long et insoutenable, résonne encore dans sa tête. Ses yeux azurs se perdent au loin, dans la contemplation du mur. Elle est hors de danger. Tout. Va. Bien. Pourtant, dans son cœur, rôde encore le fantôme d’Emily, les heures passées à attendre dans un couloir froid. Et puis cette douleur, insoutenable, lorsqu’on lui avait dit. Cette impression que tout s’écroule, ce coup de poing dans l’estomac. Cette souffrance, continue, vive, avec laquelle il faut apprendre à vivre.




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Juliet Hepburn
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 11 Nov - 19:38


JULIET & ADAM

« Vous m’avez percé à jour ! Un point pour vous. » Je laisse échapper un petit rire qui s'étouffe dans une quinte de toux. Pathétique. J'suis même pas fichue de faire ce que j'aime le plus au monde, rire. Quand je lui demande pourquoi il est resté, il semble un peu perdu, me répondant simplement qu'il ne pouvait pas me laisser seule. Seule. Je suis vraiment livrée à moi même, en fait. Je n'ai personne, à part Rainette. Mon la lueur de passion s'éteint dans mes yeux. Je ne cache pas ma déception. Oui, j'aurais aimé qu'il me fasse une déclaration d'amour enflammée suivie, soyons fous, d'une demande en mariage. Mais on n'est pas dans mes livres, tout n'est pas beau, rose, parfumé. Sinon, je ne serais pas là, allongée dans un lit d'hôpital, ignorant tout de ma situation.
Il serre un peu plus ma main, réveillant les papillons dans mon estomac. Je l'écoute me raconter ce qu'il s'est passé. Je me souviens d'avoir traversé la rue de de m'être faite percuter par une voiture, ensuite plus rien. MacMillan m'apprend alors que je suis arrivée ici et que j'allais parfaitement bien, et qu'il me recousait le visage et le bras. Comme pour confirmer ce qu'il dit, je regarde mon bras et passe mes doigts sur ma joue. Visiblement, j'étais insensible aux calmants. En plus de ça, j'ai fait une hémorragie interne qu'ils n'avaient pas détecté. Ok, respire Jules, respire. Mon coeur s'est arrêté. Ca veut dire que pendant quelques secondes, minutes, j'étais... morte? Je suis sous le choc. Ma bouche s'arrondit et mes yeux s'écarquillent. Je finis par bredouiller, la voix un peu émue : Ca va aller? Vous en êtes sur, Adam? Je serre encore plus fort sa main. J'ai besoin de l'entendre me rassurer.


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Adam MacMillan

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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 11 Nov - 20:22

Adam & Juliet


L’autre main d’Adam se referme sur celle, serrée dans la sienne, de Juliet. « Tout va bien se passer. Vous êtes hors de danger, et les médecins sont là pour veiller sur vous. » Il marque une pause, hésite, puis les mots lui échappent, franchissant la barrière de ses lèvres, murmure fugace mais qui ne peut échapper à Juliet dans le silence de la pièce. « Je suis là pour veiller sur vous. » Il lui sourit doucement, et sa main droite quitte leurs mains enlacées pour venir remettre une mèche de cheveux châtain clair qui a glissé sur la peau pâle de l’écrivaine.

Brusquement, l’envie de lui dire qu’il voulait arrêter ce jeu stupide lui vint. L’envie de lui dire qu’il croyait qu’il l’aimait, qu’il n’en était pas tout à fait sûr mais qu’il crèverait de la voir s’éloigner, qu’il ne supporterait pas de la voir au bras d’un autre… Il a envie de tout lui dire, de lui dire qu’il voulait bien essayer, bien qu’il ne soit pas un cadeau. Il ouvre la bouche pour parler…

Et la porte s’ouvre. Adam tourne la tête, pour croiser le regard surpris d’un de ses collègues par-dessus ses lunettes. Allons bon. Il se redresse légèrement, mais ne lâche pas la main de Juliet pour autant. « Madame… » Les yeux du chirurgien en pyjama bleu voyagent d’Adam à la patiente. « Hepburn. Mademoiselle Juliet Hepburn. Vous ne savez plus lire un dossier, Dr Berry ? » Le sourire est là, mais l’ironie aussi.

Comme Adam l’a prévu, le chirurgien est venu expliquer à Juliet dans des termes affreusement compliqués ce qui lui est arrivé. Le tout sous le regard sévère d’Adam, qui garde fermement la main de Juliet dans la sienne. Lorsqu’enfin son « collègue » sort, Adam soupire, et son sourire devient plus doux. Son regard se tourne vers Juliet, rieur. « J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, Juliet. A partir de demain matin, dans cet hôpital, vous serez officiellement ma copine, ou même pire… » Adam se retient d’ajouter : ce qui ne serait pas tout à fait pour me déplaire. Ce qui est vrai. A l’allure où vont les rumeurs, ce sera le cas dès cette nuit, demain matin au plus tard. Il lui sourit, d’un grand sourire rieur lui fendant le visage. Tout est si simple entre eux.

Et compliqué à la fois.





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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 11 Nov - 21:19


JULIET & ADAM

Il me dit que les médecins veilleront sur moi... Ce n'est pas ce que je veux entendre. Des médecins il y en a des centaines, que dis-je, des milliers... Et, soyons lucides, s'occuper des gens malades, c'est leur job. Bien sur, certains le font mieux et avec plus de passion que d'autres, mais ils sont tout de même là pour ça... Mais pourtant, alors que je me résignais, il finit par prononcer quelques mots, quelques petits mots qui disent tellement : « Je suis là pour veiller sur vous. » Je sens mes lèvres rosir et égayer le teint livide que je dois probablement avoir. Je sens sa main lâcher la mienne. Je n'ai pas le temps d'être déçu que ses doigts viennent caresser ma joue et jouent avec l'une de mes mèches. Je ferme les yeux pour mieux profiter de cette sensation magique. La porte s'ouvre et me ramène à la réalité.
Un petit, chauve, en blouse blanche se tient devant mon lit, regarde Adam -qui a repris ma main- avec un air interloqué. « Madame… » La réaction du plasticien me surprend. Il s'énerve contre le pauvre cardiologue qui m'appelle madame au lieu du mademoiselle de convenance. Passé la phase d'amusement, je suis réellement touchée. Je ne sais pas si c'est mon esprit Juliettien qui divague ou si j'ai un peu raison dans le fond... Si ça l'importe, ça veut, quelque part dire, que le fait que je ne suis pas mariée lui tient à coeur. Je me mords la lèvre en le regardant. Soudain, je me souviens de la présence de l'autre médecin. Je reporte, en apparence, mon attention sur lui et fais semblant de l'écouter parler. Adam avait raison, heureusement qu'il me l'a annoncé lui-même, je ne sais pas comment j'aurais supporté si ça n'avait pas été le cas. ... en observation durant quelques jours, par mesure de précaution. J'esquisse un petit sourire, puis dis : Merci docteur... Je le regarde quitter la pièce, sans réel intérêt... Pas très chaleureux ni prévenant... Mais bon !

« J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, Juliet. A partir de demain matin, dans cet hôpital, vous serez officiellement ma copine, ou même pire… » Je pouffe. Oh lala, c'est ridicule, comment les gens peuvent penser une chose pareille? C'est les pensées qui assailliraient toute personne sainte d'esprit. Mais dans le mien c'est plutôt : Je préférerais être sa copine, officiellement, tout court, pas uniquement dans l'hopital... Mais je dis, toujours un peu rieuse : On aurait tous deux pu tomber sur pire, on va pas se plaindre, non... Après tout vous n'êtes pas le docteur... Berry !? Je suis méchante, quand même... Rapidement j'ajoute : En plus, visiblement je suis là pour encore quelques jours... Ca va jaser, si vous passez me voir ! Mais pourquoi ferait-il ça après tout ? C'est vrai, c'est stupide...

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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Dim 18 Nov - 21:54

Il hausse un sourcil amusé en ajoutant :

« Alors vous êtes comme ça ? Je n'aurais jamais imaginé... »

Bon, il faut avouer, c'est vrai, que le Docteur Berry est loin d'être l'image de l'homme idéal, physiquement tout du moins. Petit, chauve et myope, la nature devait avoir envie de se défouler... Mais ce petit homme maussade était aussi l'un des meilleurs cardiologues de l'Etat, si pas du pays, et même s'ils se méprisaient mutuellement l'un comme l'autre, Adam avait été soulagé en apprenant que c'était lui qui trifouillait dans le thorax de Juliet.

« L'hôpital va avoir de quoi jaser, parce que je ne vais pas seulement passer vous voir : je vais vous surveiller de près ! Je travaille ici, je vous rappelle. Juste au-dessus. »

Il sourit, amusé, en pointant le plafond du doigt. Et pourtant, malgré son sourire, revoir le Dr Berry avait aussi ramené une autre image. Celle de Juliet, ouverte sur la table. Il retint un frisson. Il avait imposé sa présence au Dr Berry, parce qu'il savait que les sutures du cardiologue n'étaient pas réputées délicates et soignées. Et il savait aussi que pour les urgences, ils ouvraient sans trop faire attention. Et imaginer Juliet marquée ainsi à vie l'avait rendu malade. Alors il avait voulu le faire lui même. Mais il n'avait pas pu. C'était son meilleur interne, un véritable surdoué de la suture et un passionné de chirurgie plastique, qui l'avait fait pour lui. Lui était sorti et avait attendu.

Il reporta soudain son attention sur le couloir. Deux infirmières qui passaient jetèrent un regard étincelant de curiosité à l'intérieur de la chambre. Adam soupira, mais un sourire amusé étira ses lèvres. Il faisait déjà nuit. Le soir était tombé depuis un moment maintenant.

« Je crois que je devrais vous laisser... »

Ou pas. La seule chose dont il avait envie, c'était de rester. De veiller toute la nuit, de dormir la, comme un mari inquiet, de protéger son sommeil. De surveiller si elle restait en vie. D'entendre sa respiration lente et régulière. Il n'avait aucune envie de retourner dans son appartement froid et vide de toute présence. Son regard azur croisa celui de Juliet. Son visage, bien que tiré par la fatigue et rendu légèrement pâle par ce qu'elle avait aujourd'hui, restait vivant. Les pommettes étaient relevées par un sourire, les lèvres roses, les yeux brillants.

Et soudain, une question lui serra le cœur. Pourquoi était-il parti, ce matin-là ?

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Dernière édition par Adam MacMillan le Lun 19 Nov - 22:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Lun 19 Nov - 21:58


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« Alors vous êtes comme ça ? Je n'aurais jamais imaginé... » Je ne sais pas trop si c'est mon état groggy, ou lui qui n'est pas clair, mais je ne suis pas sure de saisir toutes ses insinuations. Mais bon, disons que ça n'est pas grave ! Ca n'est pas grave, n'est-ce pas? Oh, et puis, je m'en fiche un peu... Tant qu'il continue à me regarder avec ses yeux azur, il pourrait me demander de réciter les tables de multiplication que je le ferais... Et jusqu'à celle de 56, s'il le faut ! « L'hôpital va avoir de quoi jaser, parce que je ne vais pas seulement passer vous voir : je vais vous surveiller de près ! Je travaille ici, je vous rappelle. Juste au-dessus. » Mon regard suit son doigt qui me désigne le plafond. Comme si je pouvais voir à travers... Remarquez, ça serait bien pratique ! Je pourrais le voir, peut être, opérer à l'étage juste au dessus, sans avoir à bouger de mon lit. Observer ses mains délicates faire ce qu'elles savent faire de mieux. Avec ça comme spectacle, plus besoin de télé, je vous le garantis... Je lui répond, un sourire taquin aux lèvres : Mais vous n'avez pas d'internes pour faire le sale boulot à votre place? j'insiste sur le "sale" pour espérer le faire réagir, avoir juste le plaisir qu'il me dise le contraire. Un peu narcissique, stupide... Soit. Mais j'assume, c'est le principal. Enfin, c'est ce que dirais Camélia ! Toujours tout assumer dans la vie !

« Je crois que je devrais vous laisser... » Mon regard brillant s'éteint comme la flamme d'une bougie balayée par le vent. Nous restons un instant à nous regarder, sans rien dire, puis je sens sa main faire un léger effort pour se dégager de la mienne. J'exerce une pression supplémentaire sur celle ci, comme pour le forcer à rester. Une question me brûle les lèvres depuis le début de la conversation, que dis-je, depuis plusieurs jours. Ma voix redevient basse, murmurante, alors que je dis : Vous m'avez dit pourquoi vous étiez resté, aujourd'hui... Mais je ne sais toujours pas pourquoi vous vous êtes enfui l'autre matin. Je baisse les yeux une fraction de seconde, avant d'ajouter, fixant un point dans le vague : Je n'étais pas à la hauteur, c'est ça?
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Lun 19 Nov - 23:04

Adam MacMillan a écrit:
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Un sourire moqueur lui échappe, et il lui répond d’un air entendu : « Bien sûr que j’ai des internes pour faire la sale boulot ! Sinon comment ferais-je pour me libérer pour venir vous surveiller ? »

Mais lui avouer qu’il abandonnerait un patient ouvert sur la table juste parce qu’elle a éternué, ça, il n’est pas encore tout à fait prêt. En fait, il n’ose pas. Parce que se lancer comme ça… Il plane encore sur son cœur le fantôme amer d’Emily, fauchée à l’aube de leur bonheur. Adam a toujours été comme ça, Seonaid le lui reproche suffisamment souvent : très doué pour se rendre malheureux, mais dégonflé devant le bonheur, souvent lorsque ce dernier est à portée de main.

Son cerveau doit imposer à sa main un effort surhumain pour commencer à lâcher celle de Juliet. Leur bulle se fissure, elle ne va pas tarder à éclater. Et ça le tue, ça le déchire, mais… mais oui, quoi, Adam ? Qu’est-ce qui ne va pas avec toi ? Il sent la main de Juliet se resserrer sur la sienne, et ses yeux clairs se tournent vers elle, la scrutant avec surprise, et avouons-le, soulagement. Mais le regard de Juliet, lui, se perd dans la contemplation du mur, et de ses lèvres s’échappe une phrase qui sonne comme une sentence de mort. Vous m'avez dit pourquoi vous étiez resté, aujourd'hui... Mais je ne sais toujours pas pourquoi vous vous êtes enfui l'autre matin.

Adam se tend instantanément. La question qui fâche. Leur bulle vient d’éclater. Ce que le chirurgien n’avait pas prévu, c’est que ce ne serait pas à cause de lui. Peut-être que c’était cela la seule chose qui importait pour Adam : garder le contrôle. Quoi qu’il arrive. Quitte à passer pour le dernier des connards, mais c’est lui qui reste maître de la situation. Son regard se détache de Juliet.

Je n'étais pas à la hauteur, c'est ça? Les deux iris bleu clair reviennent sur Juliet. Sa main serre plus fort celle de la patiente, et c’est cette fois avec une assurance ferme qu’il répond : « Je vous interdits de penser ça. Regardez-moi. » Il relève délicatement son menton, pour croiser son regard, et s’y noyer par la même occasion. « Vous ne pouvez pas penser cela, parce que c’est faux, d’accord ? » Il ne sourit plus. Il effleure sa joue du pouce, puis se recule légèrement et soupire. Pourquoi est-il parti ? Il n’en sait rien. En fait, si, mais non… Tout est si confus.

« La vérité, Juliet… » Son regard se perd dans le vert douteux du mur. « …j’ai… Comment dire ? J’ai toujours eu le contrôle. Je savais ce que je faisais. Je maitrisais. Mais cette nuit-là… » Son regard se plante de nouveau dans celui de Juliet : « Je suis parti parce que j’étais certain que la dernière chose dont vous auriez envie, c’était de me voir. Cette nuit-là, j’ai complètement perdu les pédales. » Et ça l’effraie totalement. Tout comme il ne comprend pas pourquoi il est venu, pourquoi il reste à lui tenir la main, pourquoi il s'inquiète autant. Mais ça, il ne dira pas. Pas encore. Pas tout de suite.


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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Lun 19 Nov - 23:35


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« Bien sûr que j’ai des internes pour faire la sale boulot ! Sinon comment ferais-je pour me libérer pour venir vous surveiller ? » Je rosis et mon coeur s'accélère un peu, l'espace d'un instant. C'est fou ce que quelques petits mots, prononcés par la bonne bouche, peuvent avoir comme effet. Je me mords la lèvre inférieure, comme j'ai l'habitude de le faire lorsque je suis gênée ou heureuse. Ou les deux, en l’occurrence. Il parait, selon Paolo, que ça me donne un air sexy comme pas possible... En repensant à cela, j'arrête immédiatement. Ce n'est pas mon intention. Et puis, de toutes façons, on a déjà vu plus sexy qu'un pyjama d’hôpital et qu'une nana, palote, avec des points de suture sur la joue.

« Je vous interdits de penser ça. Regardez-moi. Vous ne pouvez pas penser cela, parce que c’est faux, d’accord ? » Il relève mon menton et plonge ses prunelles dans les miennes alors qu'il dit cela. Je rougis, encore plus, me sentant presque comme une lycéenne prise de doutes après sa première fois. Quand je dis que je suis pathétique... Il glisse son pouce sur ma joue, celle qui est indemne. Ce contact fait frisonner tout mon corps et je ferme les yeux, ne me concentrant que sur la perception de son geste. « La vérité, Juliet… …j’ai… Comment dire ? J’ai toujours eu le contrôle. Je savais ce que je faisais. Je maitrisais. Mais cette nuit-là… Je suis parti parce que j’étais certain que la dernière chose dont vous auriez envie, c’était de me voir. Cette nuit-là, j’ai complètement perdu les pédales. » Je respire, et finis par dire, sans le quitter du regard, les yeux qui s'embuent progressivement. Et vous pensez que je n'ai pas perdu les pédales? Ca fait des mois que je n'ai plus toute ma tête. Ca fait des mois que je reconnais le bruit de votre moto qui se gare dans la rue. Que j'ai appris votre emploi du temps par coeur à force d'être à la fenêtre, que je fais exprès d'aller chercher mon pain à l'heure où vous rentrer pour pouvoir vous croiser. Dès mois que vous repousser me lacère le coeur, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour attirer votre attention et ne pas être juste l'une de ces filles avec qui vous avez, un soir, couché par mégarde. Et vous pensez qu'après tout ceci, je n'ai pas complètement perdu les pédales en retrouvant un lit vide ce matin là? Que je n'ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps en me demandant ce que j'avais encore bien pu faire de mal? Que ça n'a pas été difficile pour moi de prétendre vous détester alors que je sursautais encore en entendant le vrombissement de la Duncati en bas de l'immeuble? Je ne fais pas attention à la larme qui vient s'échouer à la commissure de mes lèvres, et ajoutes, plus dure : Mais de toutes façons, vous ne comprenez pas... Vous ne pouvez pas comprendre... Sans trop savoir ce qu'il se passe, je retire ma main de la sienne et détourne le regard. Ah, il voulait avoir le contrôle. Il va être servi. Ma mâchoire se serre. Mais qu'est ce qu'il t'a bien pris Jule's? T'as encore perdu la tête!? C'est la morphine? Non... Pas la morphine, non... Prends pas d'excuses... Assume.
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mar 20 Nov - 0:21

Adam & Juliet


Adam affronte la tempête sans broncher. Tout lui arrive en pleine face en même temps, comme une pluie de grêle qui lui gifle le visage sans pitié. Mais il ne dit rien. Il se tait. Et il la regarde, stupéfait, à la fois fasciné et légèrement effrayé par la capacité de cette femme à passer de la timidité pudique à la colère triste la plus violente.

Et surtout, il se tait, parce que pour la première fois, il n’a rien à dire. Il n’a rien à répondre. Comment pourrait-il répondre quoi que ce soit ? Tout en lui hurle, et chaque mot de Juliet est un coup de poignard. Mais il se tait. Et il la regarde, sans ciller. Il a été assez lâche comme ça que pour baisser les yeux.

Lorsqu’enfin le calme revient dans la chambre, il la regarde toujours. Et lorsqu’enfin, elle cesse de lui lacérer le cœur, elle l’achève finalement en arrachant sa main à la sienne et en détournant le regard. Alors tout explose, supernova de frustration qui prend fin : « Parce que vous croyez être la seule à ne plus savoir où vous en êtes ? Vous êtes tellement confuse, Juliet ! Vous dites que vous me suivez partout, mais n’est-ce pas vous qui me résistez depuis des mois ? J’ai tout essayé ! Vous avancez de deux pas pour reculer d'un aussitôt. Vous m’avez poussé dans mes derniers retranchements, vous refusant chaque fois un peu plus. J’ai essayé de résister, Juliet, j’ai essayé de me dire que ce ne serait qu'une fois… » Ses poings se sont serrés, ses traits durcis. Son regard azur, étincelant d’émotion, croise celui, défiant de Juliet. Et sans réfléchir, il sépare la distance qui sépare leurs visages et l’embrasse. C’est un baiser passionné, mais désespéré, où l’amour et la passion se mêlent à leurs larmes mutuelles. Lorsqu’enfin il sépare son visage de celui de Juliet, ce n’est que de quelques centimètres, leurs souffles se mélangeant. Une larme roule le long de sa joue, se perdant dans sa barbe fine. « J’ai essayé de toutes mes forces, Juliet. Mais tu m’as eu. Alors il va falloir choisir. Ou me repousser, ou m’accepter. »

La porte s’ouvre, et Adam s’éloigne subitement de Juliet. Il se lève d’un bond, et sort de la chambre, passant devant deux infirmières médusées, venues aider la patiente à se préparer pour la nuit. Il a besoin de respirer. Parcourant le couloir à grandes enjambées, il parvient à l’escalier. Il adore cet endroit. Peu fréquenté à cause des ascenseurs, c’est l’endroit où il peut enfin se laisser un peu aller.

Assis sur les marches, la tête appuyée contre la rampe, il se rend alors compte que pour la première fois de sa vie depuis Emily, il a été honnête avec lui-même. Et que pour la première fois aussi depuis Emily, il prie pour que quelqu’un –Juliet- soit honnête avec elle-même. Parce que sinon, tout serait terminé. Et ça, il ne le supporterait pas.



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La vie est faite de choix : Oui ou non. Continuer ou abandonner. Se relever ou rester à terre. Certains choix comptent plus que d’autres : aimer ou haïr. Être un héros ou un lâche. Se battre ou se rendre. Vivre ou mourir. Je vais le répéter une dernière fois, pour ceux qui en douteraient encore... La vie est faite de choix. Vivre ou mourir, le choix le plus important, mais la décision nous appartient rarement. Grey's Anatomy
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Juliet Hepburn
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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Mar 20 Nov - 21:53


JULIET & ADAM

Ce qui était, il n'y a pas deux minutes, un moment magique et doux se transforme peu à peu en pugilat psychologique. Si nos corps sont toujours proches, et presque tendres, les mots se font tranchants, lames de couteaux qui, chacun, m'entaille plus profondément. Je ne le quitte pas du regard, malgré tout, laissant couler les larmes sur mes joues. Soudain, tout s'accélère. La vitre de non-dits, de mots, de maux qui nous séparait jusque là éclate en mille morceaux alors qu'il m'embrasse. Ce baiser ne ressemble en rien aux autres. Il est violent, passionné, mais vrai. Un baiser singulier qui véhicule plus que les frissons de désirs qui ont pu me parcourir dans le passé. Un baiser où, quelque part, enfoui, l'on peut déceler l'amour. « J’ai essayé de toutes mes forces, Juliet. Mais tu m’as eu. Alors il va falloir choisir. Ou me repousser, ou m’accepter. » Une larme roule sur sa joue aussi. Et je comprend tout. En changeant de pronom, il a mit un terme à notre petit jeu stupide qui dure depuis si longtemps. Il n'y a plus d’ambiguïté, plus... Tout devient sérieux.

Je n'ai pas le temps de répondre, que la porte s'ouvre. Sans dire mot il s'écarte et sort, disparaissant de mon champs de vision. C'est peut être mieux ainsi... Je n'aurais pas su quoi dire, en fin de compte... Des infirmières, interloquées, sont debout, bloquées, à la porte. Je laisse le silence inonder la pièce, puis finis par dire, désabusée, après avoir séché mes joues d'un revers de main : Ne me regardez pas comme ça... J'suis aussi perdue que vous sur ce coup la... L'une d'elle, la rousse, semble se ressaisir et passe en mode "professionnelle". Elle commence par ajuster ma perfusion. Je la laisse faire, du début à la fin, sans broncher, sans me poser de questions. Elle a l'air de savoir ce qu'elle fait.

Je les regarde sortir et murmure, pour moi, alors qu'elles passent la porte : Pour jaser, ça va jaser... J'ai envie de dire, presque heureusement pour moi que je suis enregistrée sous mon vrai nom, Hepburn... Avec la tête que j'ai et les cicatrices, osons espérer que personne n'aura fait le rapprochement avec mon double de Minuit... Je me mords la lèvre et joue, de mon index, avec l'aiguille plantée sur le dos de ma main et le sparadrap qui la recouvre. Je le fais machinalement et en continue. Ca me permet de ne plus penser. Mais ce n'est pas une bonne stratégie, je le sais. Alors quand je vois entrer Adam dans la pièce, j'arrête de réfléchir, totalement, et dis, d'un trait, sans respirer : Toute ma vie j'ai été deux femmes : d'abord la fille que tout le monde regardait d'un air bizarre à l'école. Celle qui faisait pitié à tout le monde, qui a perdu sa mère a cinq ans et qui n'est pas comme les autres avec son petit accent anglais qui ne part pas. Celle qui s'est renfermée sur elle même, rejetant ceux qui s'approchaient trop près d'elle de peur de les voir partir, encore. Ensuite j'étais la femme d'un seul homme, mais plus épouse de mes livres que de Paolo. Parfaite sous tout rapport, j'étais plate, sans aucun relief. Maintenant, je ne suis plus ni l'une ni l'autre... Mais je ne veux pas y revenir, jamais. Et je ne sais pas trop comment faire ça... Tu vois ? je marque une pause après avoir, à mon tour changé le pronom. whaou. Ca change tout. J'suis pas seulement perdue avec toi... J'suis perdue dans ma tête, dans ma vie. Je... Je sais plus... Plus rien !
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    He was always there to help her, she always belonged to someone else... I drove for miles and miles And wound up at your door. I've had you so many times but somehow I want more... I don't mind spending everyday out on your corner in the pouring rain. Look for the girl with the broken smile, ask her if she wants to stay awhile... And she will be loved• feets&foot
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Adam MacMillan

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MessageSujet: Re: Sewing a wound as if it could fix broken hearts   Ven 30 Nov - 23:36

Adam & Juliet


Pourquoi lui est-ce si difficile ? Pourquoi faire ces quelques pas vers cette chambre lui coûte-t-il tant ? Il a l’impression qu’il va devoir franchir une montagne, alors qu’il va simplement devoir franchir une porte. Il ne sait plus. Il se sent soudain très vide, très fatigué. Et brusquement, l’envie lui prendre de faire demi-tour. De s’en aller, simplement, d’aller oublier sa peine et sa tristesse dans l’alcool et dans les bras d’une jeune inconnue qui ne demande qu’une belle nuit et rien d’autre. Oui, un bref instant, il est tenté d’abandonner.

Mais non. Une force le pousse jusqu’à la porte de la chambre, le force à ouvrir la poignée, et à entrer. Il est comme un ado qui s’apprêtait à demander à la plus belle fille du lycée de l’accompagner au bal. Le cœur qui bat la chamade, les doigts qui tremblent légèrement… Mais il n’a pas le temps de prononcer un mot. Juliet prend la parole. Toute ma vie j'ai été deux femmes : d'abord la fille que tout le monde regardait d'un air bizarre à l'école. Celle qui faisait pitié à tout le monde, qui a perdu sa mère a cinq ans et qui n'est pas comme les autres avec son petit accent anglais qui ne part pas. Celle qui s'est renfermée sur elle même, rejetant ceux qui s'approchaient trop près d'elle de peur de les voir partir, encore. Ensuite j'étais la femme d'un seul homme, mais plus épouse de mes livres que de Paolo. Parfaite sous tout rapport, j'étais plate, sans aucun relief. Maintenant, je ne suis plus ni l'une ni l'autre... Mais je ne veux pas y revenir, jamais. Et je ne sais pas trop comment faire ça... Tu vois ? Il sourit doucement, un sourire tendre et compréhensif. Il y a dans le regard brillant de Juliet quelque chose de doux, de fragile, qu’il n’aurait jamais imaginé. Il s’approche doucement, s’assied sur le lit. J'suis pas seulement perdue avec toi... J'suis perdue dans ma tête, dans ma vie. Je... Je sais plus... Plus rien !

Alors, doucement, sa main gauche effleure la joue de Juliet, puis il l’attire à elle et dépose un baiser doux sur son front, avant de l’enfermer doucement dans ses bras. « Peut-être qu’on n’a pas besoin de savoir. Peut-être que simplement, on est heureux ensemble, un point c’est tout. » Oui, peut-être que simplement, il n’y a pas besoin de se poser toutes ces questions. De se prendre la tête comme ça. Et si simplement, ils se prenaient la main, et avançaient, vaille que vaille, alea jacta est ? Ils avaient franchi le Rubicond, marchaient droit sur Rome. Eh bien. On verrait bien.





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La vie est faite de choix : Oui ou non. Continuer ou abandonner. Se relever ou rester à terre. Certains choix comptent plus que d’autres : aimer ou haïr. Être un héros ou un lâche. Se battre ou se rendre. Vivre ou mourir. Je vais le répéter une dernière fois, pour ceux qui en douteraient encore... La vie est faite de choix. Vivre ou mourir, le choix le plus important, mais la décision nous appartient rarement. Grey's Anatomy
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