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 Long time no see ★ Erwan

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Margaret Montgomery

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MessageSujet: Long time no see ★ Erwan   Ven 2 Nov - 23:16

Meg & Erwan


Margaret frissonna alors que l’air glacé de ce petit matin d’automne s’engouffrait par le porte ouverte. Elle referma la porte, et le claquement résonna dans le silence du théâtre vide. Hier avait été un grande soirée. La pièce avait eu un succès fou, et s’était largement remboursée. Maggie avait fait un bénéfice qu’elle n’aurait jamais soupçonné en payant ainsi une petite troupe de jeunes motivés.

Des jeunes motivés… Un sourire absent étira ses lèvres fins et souleva ses pommettes saillantes. Parfois, lorsqu’à la fin du spectacle, le public se levait et applaudissait, réclamant un bis à grand cris, Maggie se surprenait à regretter un peu sa vie d’avant, celle de jeune actrice à la mode. Elle se prenait à regretter la troupe, celle qu’elle avait formée avec plusieurs jeunes comédiens, dont Erwan…

Un soupir lui échappa alors qu’elle baissait d’un coup sec le commutateur. Les projecteurs s’illuminèrent, l’éblouissant un instant. Elle n’avait jamais réussi à trouver le sommeil, cette nuit. Il était sept heures et demi du matin, le soleil se levait à peine, inondant le ciel bleu nuit de filaments clairs. Il flottait dans la salle les dernières exhalations de la vielle. Il semblait flotter sur la scène un brouillard, vestige de l’énergie incroyable qu’y avaient développée les acteurs.

Elle s’avança au milieu de la scène, puis se tourna et fit face à la salle. Elle portait un grand chemisier ivoire, rentré négligemment dans son pantalon de costume bleu marine à très fines rayures verticales blanches. Il la serrait fort à la ceinture, soulignant une taille qu’elle avait réussi à garder mince. Elle avait rabattu ses cheveux blonds en arrière, lui donnant un air garçon, comme elle le faisait toujours. Elle les laissait rarement « féminins ». Avec cette tenue qu’elle affectionnait tant et le décor de la pièce qui n’avait pas encore été enlevé, on aurait juré les années 50.

Elle entendit le son sourd de la porte qui se refermait. Elle releva la tête, ses yeux clairs tentant de percer le mur de lumière des projecteurs. Pourtant, elle garda ses mains dans les poches. Elle n’avait pas peur. Elle tendit l’oreille… plus rien. Cette grande bâtisse, dont le style était un assemblage de tous les courants architecturaux, en hommage sans doute à la vieille Europe, craquait de toute part. Mais c’étaient de gentils fantômes qui peuplaient ces lieux. Elle les adorait, ses « fantômes ».

Elle tourna les talons, et retourna au commutateur. Elle éteignit la scène, mais pas la salle. Lorsqu’elle revint sur ses pas, pour remonter l’escalier central, elle se figea sur les planches.

Là, en haut de la salle en forme d’escalier géant, où s’échelonnaient les tables sur plusieurs niveaux, se tenait un homme. Il avait vieilli, tout comme elle. Il avait changé, tout comme elle, qui avait notamment arrêté de se teindre en roux.

Mais pourtant, elle l’aurait reconnu entre tous.

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« La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin, surgir l’œuvre du malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi, s’abattra la vengeance du Tout-Puissant ! »
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Erwan M. Wilde

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MessageSujet: Re: Long time no see ★ Erwan   Sam 3 Nov - 9:52

► Long time no see


Erwan regardait par la fenêtre du bus le paysage endormi, alors qu'il arrivait à Boston. Il avait roulé toute la nuit sans pouvoir fermer les yeux. La peur l'avait prit un peu plus tôt. Il retournait à la maison. Après seize ans à courir le pays il revenait à Boston, à ses risques et périls. Il avait laissé la bas peu d'amis, et beaucoup de personnes voulant lui faire la peau. Il s'était fait plus d'ennemis qu'autre chose, étant jeune. À y repenser, il avait bien fait de partir. Cette ville avait tué le gamin qu'il était. Il avait plongé dans l’excès, avait fait souffrir ses proches et avait tout perdu, même son temps. Tout ne s'était arrangé qu'en partant. En quittant Boston, son quartier chinois, son ghetto et ses délinquants, il était devenu un homme meilleur. Il avait guéri de ses addictions. Il avait tout fait pour se pardonner, mais n'y était pas arrivé. Il rêvait souvent de Lucy, de l'état dans lequel il l'avait laissé. Dieu qu'il s'en voulait, mais le passé était le passé et il ne pouvait pas faire marche arrière. Il ne pouvait que devenir un homme meilleur et être digne de son pardon. C'était pour elle qu'il revenait. Entre autre. Il était aussi tout excité à l'idée de rencontrer son neveu, neveu qu'il n'avait jamais connu. Il lui parlerait de la famille, de sa mère, tout en gardant pour lui les trucs glauques. Il n'aurait pas grand chose à dire, mais pas grave. Il voulait connaitre cet homme, savoir si il s'en était mieux sorti que lui dans cet enfer familiale.

Enfin, si il revenait maintenant, c'était aussi et surtout pour Margaret. Maggie était son ange gardien, son véritable ange gardien. C'était elle qui lui avait donné envie de s'en sortir, lors de la troisième cure de désintoxication. Elle lui avait fait découvrir un art qui était devenu passion avant de se transformer en but. Le théâtre, la comédie, le métier d'acteur. Il avait aimé ces cours, plus que tout. Il avait prit ses médicaments et obéit aux règles dans le seul but d'avoir le droit à ces cours. Il avait été charmé par la femme. Un charme différent de l'amour. Charmé par ce qu'elle dégageait. Elle lui semblait être la sagesse même. Il avait bu ses paroles avec attention. Aurait-elle été la dirigeante d'une secte qu'il l'aurait suivit partout sur terre pour répandre sa bonne parole. Il avait aimé cette femme d'un amour inconditionnel, totalement platonique. Pas de l'amour, comme celui entre mari et femme, mais un amour à sa façon, comme l'homme aime la vie. Un respect profond et une confiance entière. Elle l'avait sauvé, tout simplement. Elle lui avait donné un but dans la vie. À vingt quatre ans, après quelques mois de cure, il s'était sentit renaître. Et tout ça grâce à elle. Grâce à ce bous de femme bourré d'énergie et adorable. Il se souvenait encore du jour de sa sortie. Elle l'avait pris dans ces bras et il l'avait remercié, un simple merci qui pour lui avait toujours voulu dire énormément de chose, et qu'elle avait comprit. Puis ils s'étaient dit adieu, et il lui avait promit qu'il réussirait. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il avait tenu sa promesse. Il était allé directement à Broadway, avait tenté sa chance, avait été prit dans quelques petites pièces avant de se faire remarquer et d'avoir le premier rôle d'une comédie. Puis un autre, et un autre. Broadway l'avait adopté, il avait réussi, il avait tenu sa promesse. Mieux encore, il exerçait sa passion sans célébrité, sans peur que son terrible passé ne refasse surface. Il n'en avait parlé à personne, pas même Maggie. Trop terrifié à l'idée qu'elle ne le rejeté, il avait tu ses anciens agissements et s'en voulait. Il avait menti à la seule personne qui ne s'était jamais soucier de lui. Et si elle l'apprenait via la presse, il la perdrait pour de bon. Il le lui dirait surement un jour, mais pas maintenant.

Sa carrière à Broadway ne l'empêcha pas de tout plaquer en apprenant que son amie avait ouvert un café théâtre. Qu'elle donnait des cours. Qu'elle allait bien. Une folle envie de la revoir l'avait prit. Il avait dit à son agent qu'il quittait la pièce dans laquelle il travaillait, qu'elle pouvait bien rester ici, qu'il reviendrait peu être, mais qu'il partait vivre un peu. Une sorte de retraite. Après quinze belles années de carrière. Il en avait vécu des choses en quinze ans. Des flops, des succès, des salles debout, des ovations, des salles vides, un mariage et un divorce, quelques rôles dans des séries télés, quelques fans, de l'argent et la paix. Il était devenu quelqu'un, quelqu'un de bien, et s'en félicitait. Il se sentait digne de se faire pardonner. Il irait voir Lucy plus tard. Pour l'instant il n'avait qu'une envie, voir son ange. Retirant ses écouteurs, il sortit du bus, son sac de voyage sur l'épaule. Il demanda à un passant de lui indiquer le lieu, puis marcha jusqu'au théâtre, en simple t-shirt et jean malgré le temps un peu froid. Il trouva le théâtre rapidement. Magnifique battisse qui le charma d'un simple coup d'oeil. Souriant, il tenta d'ouvrir la porte et remarqua qu'elle n'était pas verrouillée. Il entra, demanda de sa voix suave si il y avait quelqu'un, explora le magnifique lieu et arriva dans la salle. Des tables partout, un cadre fabuleux, de la lumière et une blonde sur la scène, qui semblait vivre quelque chose d'extraordinaire dans ce silence et ce vide. Il posa son sac et la regarda faire un instant, attendrit. Elle n'avait pas vraiment changé, un peu vieillit peu être, mais c'était tout. Il retira ses lunettes de soleil et s'avança un peu alors qu'elle éteignait la lumière, le remarquant soudain. Il ne pu empêcher un grand sourire de prendre place sur son visage, et se mit à citer tout en la regardant, presque émerveillé. "La honte n’est pas autre chose qu’une émotion malsaine inventée par les bigots et les faux dévots pour exploiter une humanité innocente... Victor et Victoria, 1982. Tu as la classe de Julie Andrews comme ça, tu le savais?" Tout sourire, il ne pu s'empêcher de foncer sur scène, et la prit dans ses bras. Il n'était plus le drogué pâle et maigrichon, il avait reprit de la force et des formes, à son plus grand bonheur. Elle qui avait toujours été la plus forte paraissait toute petite dans ses bras. Il resta ainsi un moment puis la lâcha, tout sourire, ne pouvant se défaire de cette émotion. "Bon sang qu'est ce que tu m'as manqué Maggie, c'est fou! Tu n'as pas changé, sauf tes cheveux, tu m'as enfin retiré ce vilain roux" il osa un petit rire, sachant pertinemment qu'elle ne lui en voudrait pas pour ces pics. "Alors comme ça tout ça t'appartient? C'est un très beau théâtre, félicitation. Tu vas bien? On a tellement de choses à se dire!" Il était assez surexcité. Il retrouvait la seule personne qui n'avait jamais compté, il y avait de quoi non?
△everleigh
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Margaret Montgomery

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MessageSujet: Re: Long time no see ★ Erwan   Lun 5 Nov - 23:56

Meg & Erwan


Margaret, elle qui avait toujours quelque chose à dire, à rajouter, à préciser, resta sans voix. Elle resta là, interdite, béate. Elle avait l’impression d’être en dehors de son corps et d’assister à la scène de l’extérieur, attendrie et émerveillée à la fois.

Ce ne fut que lorsqu’elle sentit deux bras puissants la serrer contre un torse large qu’elle sortit de son choc. La fugace, mais vive impression d’être une brindille entre les pattes d’un ours lui traversa l’esprit. Elle éclata de rire, parce que s’il continuait à la serre comme ça, elle mourrait étouffée avant de l’avoir contemplé –oui, Maggie avait toujours un humour très particulier. Lorsqu’enfin il desserra l’étau chaleureux de ses bras, elle recula d’un pas, un large sourire lui fendant le visage. Il lui dit quelque chose à propos de ses cheveux – il avait tout à fait raison, d’ailleurs, le roux lui avait plu un temps, mais elle préférait à présent son blond naturel- mais elle n’y prêta qu’une oreille distraite. La plus grande part de son attention était accaparée par cette vision incroyable qui s’offrait à elle. A présent qu’elle l’avait en face d’elle, elle n’en croyait pas ses yeux. Il y seize ans, sur le pas de la porte de ce centre de désintoxication sinistre, c’était un jeune homme malingre, les cernes noires, les joues creusées, qui lui avait dit au revoir avec un faible sourire au lèvre. Lorsqu’elle l’avait serré contre elle, ce jour-là, elle était persuadée qu’elle ne le reverrait plus jamais. Comment cette créature en rédemption, famélique et solitaire, pourrait-elle survivre dans la jungle qu’est le monde ?

Et voilà que seize ans après lui revenait un homme, dans la force de l’âge, charismatique et plein de vie. Elle poussa un bref soupir, se rendant soudain compte qu’elle avait cessé de respirer. Ses yeux clairs croisèrent ceux, amusés, d’Erwan, et un sourire étira les lèvres de Maggie : « Ne te moque pas comme ça, criquet ! » Criquet. Il était le seul à qui elle avait jamais attribué ce surnom. Criquet. Son sourire s’élargit, si tant est que ce fut encore possible : « Je ne m’attendais à te revoir un jour… surtout si beau. » Le compliment était là, masqué derrière la plaisanterie. Puis son sourire redevint un léger trait sur son visage, tendre et heureux.

Puis il aborda son sujet favori : son café-théâtre. Elle recula d’un pas et tournoya sur elle-même, avant de s’arrêter, tournée vers lui. « Si on m’avait dit un jour que ceci m’appartiendrait, je n’y aurais pas cru. » puis soudain, aussi changeante qu’elle l’avait toujours été, elle se précipita vers les interrupteurs. Elle éteignit la scène et alluma le grand lustre qui surplombait la salle, illuminant les murs d’un beau mauve aubergine, les dorures, les tables aux nappes blanches, et au fond, sa fierté, le long bar en bois, brillant, symbole d’un passé révolu. Attrappant sa main, elle entraîna Erwan jusqu’au bar. « On a beaucoup à se raconter… et puis ton retour, ça se fête ! » Puis soudain, s’arrêtant, elle se retourna, se retrouvant très près de lui : « tu m’as manqué. Tu avais dit « à bientôt », tu te souviens ? ». éclatant de rire, elle passa derrière le bar : « tu as un drôle de notion de bientôt ! Qu’est-ce que tu bois ? Et que deviens-tu ? Je veux tout savoir ! »


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« La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin, surgir l’œuvre du malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi, s’abattra la vengeance du Tout-Puissant ! »
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